Mettre en œuvre la protection de l'eau dans les conflits armés
Le 9 juillet 2026, M. Tadesse Kebebew, chef de projet au Geneva Water Hub, a participé en tant qu’intervenant au webinaire intitulé « Protection de l’environnement naturel en cas de conflit armé : comment les parlements peuvent-ils garantir la protection de l’environnement par la mise en œuvre du droit international humanitaire ? »
Ce webinaire s'inscrivait dans le cadre d'une série de webinaires destinés aux parlementaires sur le droit international humanitaire, organisée à l'initiative de la Commission de l'UIP chargée de promouvoir le respect du droit international humanitaire, avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge.
L'intervention de M. Kebebew a porté sur l'eau et les réseaux d'approvisionnement en eau en tant qu'éléments constitutifs de l'environnement naturel dans le contexte d'un conflit armé. Il a souligné que la protection de l'eau n'était pas une question secondaire : c'est là que se rejoignent la protection des civils, la protection de l'environnement et le relèvement après un conflit.
Les réseaux d'approvisionnement en eau peuvent être affectés de plusieurs façons lors d'un conflit armé. Ils peuvent faire l'objet d'attaques directes ou subir des dommages collatéraux. Ils peuvent également cesser de fonctionner lorsque des consommables tels que le chlore, le carburant et les pièces de rechange viennent à manquer et que le personnel chargé de leur exploitation et de leur entretien est touché. Dans certains contextes, l'accès à l'eau peut également être délibérément restreint, manipulé ou contaminé à des fins de guerre.
Les conséquences sont tout aussi multiples. Premièrement, il y a les dommages directs : les familles sont privées d’eau potable, les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner en toute sécurité, et les rivières, les puits ou les sols peuvent être contaminés. Deuxièmement, il y a les effets indirects ou en cascade : les maladies se propagent, les récoltes sont perdues, les moyens de subsistance disparaissent, les déplacements de population s’intensifient et les tensions s’exacerbent autour de ressources de plus en plus rares. En troisième lieu, on observe des dommages cumulatifs : les dégâts répétés, les réparations retardées et la contamination à long terme peuvent porter atteinte aux écosystèmes, aux terres agricoles, à la biodiversité, aux cours d’eau et aux nappes phréatiques bien après la fin des hostilités.
Le message clé était clair ! Si la protection de l'eau reste un simple principe, il sera trop tard. En revanche, si elle est intégrée dans les dispositifs nationaux de préparation, les exercices militaires, le contrôle parlementaire et la responsabilité, elle peut sauver des vies, protéger les écosystèmes et préserver les chances de reconstruction après la guerre.
L'intervention a également rappelé l'importance des cadres et initiatives existants, notamment les principes du PERAC, la Liste de Genève des principes relatifs à la protection des infrastructures hydrauliques et l'Alliance mondiale pour la protection de l'eau face aux conflits armés.
M. Kebebew a appelé les parlementaires à mettre en œuvre la protection de l'eau. Cela implique de traduire les engagements juridiques et politiques en législation nationale, en doctrine militaire, en règles d'engagement, en planification opérationnelle, en budgets, en formation, ainsi qu'en mécanismes de contrôle et de responsabilité.
« Le Geneva Water Hub appelle les parlementaires à renforcer la protection des ressources en eau et des infrastructures en période de conflit armé »
Note conceptuelle du webinaire ci-jointe